18 octobre 2009
... Related feelings ...
Il y a des week ends qui vous font passer en quelques heures par tous les états possibles et contradictoires.
Une sorte de concentré intense d'instants de vie volés qui s'enchaînent sans liens cohérents dans l'ordre le plus surprenant.
De la hâte à la précipitation, de l'attente à l'excitation, des retrouvailles aux découvertes, de l'inattendu au prévisible, de l'envie au dégoût, du luxe à la misère, du calme à l'agitation, de la pluie au soleil, du mail au sms, du secret défense à la confidence, des rires aux larmes, du trop plein au grand vide, de la saturation au manque, du taxi au métro ou encore du jeu au grand défi.
Et pourtant tout ceci ne fait bien qu'un. Un seul patchwork bien trop coloré de ce que je suis, sans jamais vraiment réussir à être tout ce que je vis.
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10 juillet 2009
:: Ma vie en contre sens ::
Il y a neuf ans jour pour jour je foulais le sol de la capitale, un sac sur l'épaule comme seul compagnon, persuadée que j'allais enfin vivre la vie que j'imaginais depuis de longs mois déjà. J'avais l'intime conviction que vouloir c'était pouvoir.
Après mon retour des us où je n'avais pas eu le coup de coeur escompté, je venais de décrocher ce poste chez eurostar avec tant de facilité que j'étais convaincue que je prenais the right rail.
Une chambre à deux pas du canal Saint Martin, une piscine couverte, la plus ancienne de Paris où j'allais faire des longueurs matin et soir, j'étais fière de moi, j'accédais à mes envies. Je resterais quelques mois derrière mon comptoir à dire bonjour en anglais, à rendre la monnaie en livres sterling, loin de la vie que je ne voulais plus et sans doute très proche de celle que je croyais m'inventer. Puis je chercherais un vrai travail celui dont je rêvais.
Je me baladais rue du Bac, je tuais le temps et mon argent dans les boutiques de la rue Rivoli, je passais des heures la tête en l'air à capturer ces gros plans d'architecture, je scrutais les moindres détails, je découvrais les musées, j'observais les gens, j'essayais de me projeter.
Pourtant je me sentais seule aussi, et tous les lundi matin je n'attendais que l'heure du départ le vendredi soir Gare de Lyon. J'étais déjà capricieuse, je voulais tout avoir avant même de savoir ce que je voulais. J'étais naïve, je tenais entre mes mains sans contrainte aucune ce que je regrette à présent depuis toutes ces années et je n'ai pas compris. Je ne savais sans doute pas encore tout à fait qui j'étais. Ou je n'étais tout simplement pas prête. J'avais déjà passé un pacte avec cette fâcheuse tendance de ne jamais être au bon endroit au bon moment.
A 1000 kms au sud, m'attendait celui avec qui je n'avais rien en commun mais que j'avais rencontré deux jours avant la date anniversaire. Mes carences affectives commençaient déjà à me jouer de vilains tours. Et plutôt que de persévérer dans ce qui me tenait à coeur, je ne pensais qu'à rejoindre celui qui finirait pas le briser. Mes week-ends n'étaient que de longs trajets aller-retour, alors qu'ils auraient pu être l'occasion de mon intégration.
Je n'ai pas su attendre. J'ai jeté l'ancre. J'ai abandonné au risque de tout perdre.
Depuis je ne cherche plus qu'à recommencer là où je me suis arrêtée. Mais depuis je joue aussi à la maman, avec un papa en moins, et tout est beaucoup moins facile.
L'échéance de la rentrée prochaine fait sans doute partie de cette course à l'adulescence et à ce qui ressemble de près comme de loin à la reconquête du paradis perdu.
Et je risque bien à nouveau de perdre de vue mon objectif si l'affectif me rattrape.
A moins que cette fois je sache être patiente, que je franchisse une à une les étapes, que je prenne le train dans la bonne direction et surtout que j'évite les contre-sens.
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05 avril 2009
... (la) Revoir A Tout Prix ...
En y réfléchissant je crois que comme la maîtresse de mon fils me l'a confirmé à son sujet, je suis moi aussi dans l'instantanéité. Je n'ai pas forcement un culot démesuré ni une absence totale de gêne, c'est juste que j'ose et que je suis plutot attentive à ce-ux qui m'entoure-nt. Et que de fait, si l'occasion se présente, je sautille, je bondis, je frémis.
Je me souviens, je me rappelle c'était en juillet 2005 quelques semaines avant que ma vie ne change à nouveau, et quelques heures seulement après que j'ai décidé d'en changer. J'avais réservé un billet de train au dernier moment, il fallait que je m'en aille de la où j'étais partie en vacances plus de quinze jours pensant trouver l'amour une fois de plus, et puis je n'ai trouvé que des impossibilités. Thanks God.
Une place en 1ère classe, des passagers plutôt calmes, quasiment tous à leur ordinateur portable. Là devant la porte coulissante de la voiture 2 il s'est mis face à moi immobile, un regard ténébreux. J'ai passé le trajet à faire des allers venues à courir après mon petit bout, à essuyer des regards sérieux dérangés. Je suis enfin descendue du train. Le trajet m'ayant paru une éternité.
S'il ne s'était pas approché de la sortie, me regardant déambuler sur le quai façon sherpa, une poussette-porte-bagages à la main, ne m'avait pas suivi de loin sur le quai, si je ne m'étais pas retournée plusieurs fois étonnée, si nous n'avions pas fini par échanger nos numéros, j'aurais sans doute pu moi aussi écrire un joli message sur www.croisédansletrain.com...
Qui n'a pas rêvé de poursuivre ces moments, après des regards échangés par hasard, comme promesse d'une curiosité, d'un coup de foudre, d'une envie d'après, pour voir, juste pour savoir... D'ailleurs cela m'aurait peut-être permis de ne jamais avoir de réponse, de ne pas vivre une belle histoire mais qui n'a hélas pas duré...
Mais son regard était si...
Sauf que c'est bien pensé l'idée de ce site qui permet aux utilisateurs du métro parisien de courir après leur pulsion d'un instant, mais une fois de plus internet vient un peu plus révolutionner l'instantannéité, bouleverser notre rythme, l'accélérer, le modifier, pousser un peu plus loin les limites du réel.
L'inconnu(e) du métro ne restera plus un rêve.
J'aime autant que cela m'interpelle sur notre notre mode de vie qui change, même si j'avoue y avoir passé une bonne heure à me délecter de ces déclarations d'un instant.
www.croisédanslemetro.com
en ligne depuis le 17 mars
Pour décliner la version du site dans ma cité, il faudra d'abord demander au jeune cadre dynamique de prendre son abonnement rtm et de laisser sa voiture au parking, à moins de commencer par lancer www.croisédansletramway.com!
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27 janvier 2009
... Round-trip ticket ...

dimanche 25 janvier 2009 16h55
L'envie était trop forte, mais était-ce une bonne idée de vouloir savoir ou était-ce aussi accepter de mettre fin un peu à la magie de nos échanges? Ceux qui me connaissant savent de toute façon qu'en principe je n'écoute que moi. Je savais donc que je ne tiendrai pas bien longtemps dans l'imaginaire, je crois surtout que l'expérience m'a appris qu'il ne fallait pas s'y perdre trop longtemps, coûte que coûte.
J'ai donc franchi le cap, mis le nord sur la gare de lyon, franchi le seuil de sa porte, de son chez lui, celui qu'il tente de reconstruire. J'ai eu le sentiment d'abord d'envahir son espace, d'être venue trop tôt. Mais j'ai vite compris qu'il ne s'agissait que du décalage horaire de nos repères, repartir du début, première donne de ce petit jeu auquel nous nous sommes si candidement laissés prendre.
Je suis restée distante, froide, je ne savais pas quoi dire, me trouvant puérile à souhait ne sachant pas redevenir légère, juste bien, juste taquine, juste moi. Nos corps auraient sans doute préféré n'avoir point d'enveloppe, pouvoir être confrontés sans face à face, oui mais voilà, nous y voilà dans la réalité.
Le sort n'a pas joué en notre faveur, première mise à l'épreuve. J'aurais pu partir, ne pas poursuivre, le laisser dans sa tristesse, dans ses doutes, ses envies. Il m'a rassurée, je l'ai suivi. J'avais envie d'être là, rien ne comptait plus que de découvrir son univers. J'aurais aimé être juste plus en harmonie, en baskets, détendue, mais j'étais aussi simplement celle que je suis devenue. L'air frais nous a revigorés, les yeux bleus et ouverts à la vie en toute confiance de cet enfant l'a sans doute émerveillé, moi j'y ai vu toute la tristesse de n'avoir pas su être une maman parfaite. Sans le savoir il a dit ce qu'il fallait. Je poursuivais le trajet en faisant mine d'accrocher mon regard aux lumières extérieures de cette banlieue chic, alors que mes yeux captaient son moindre regard dans le reflet vitré en face de nous, à l'affût d'une complicité.
Je me suis retrouvée dans cette maison un peu comme transportée vers mon futur. J'ai ce vilain défaut de faire des situations trop souvent les miennes mais les ingrédients étaient au rendez vous autour de nous tout autant que dans nos assiettes. J'aime les nouvelles rencontres, celles où l'instant d'une soirée on peut s'apprécier ou se juger. Je me suis sentie bien, aussi bien qu'au creux de son épaule, regardant cette fois ci défiler les panneaux, le bêton, et les feux clignotants sur le chemin du retour, trop épuisée pour tenter d'en faire le parcours fléché.
J'avais apprécié qu'il se laisse un peu aller, qu'il vienne aussi chercher au creux de moi un échantillon de cette tendresse qu'on avait cru bon de se promettre.
J'ai achevé mon sommeil sur le canapé du salon, qui baignait vers 9h déjà dans cette lumière grise caractéristique. Je ne voulais pas l'empêcher de dormir de tout son long dans son désormais lit une place. Et surtout, je me sentait gênée. L'envie de venir le retrouver n'avait rien d'interessé ni de charnel, je voulais juste un peu le respirer.
Le réveil a confirmé un peu de notre retenue.
Le départ s'annonçait.
Je sentais bien qu'il voulait aussi que je le vois dans son autre univers. Celui qui visiblement l'a révélé à lui même confirmant un joli charisme. Dans deux changements je serai de retour.
Le trajet a été étrange. J'avais la sensation de quitter quelqu'un qui me manquerait de toute évidence mais que je n'aurais pas eu le temps d'approcher d'assez près pour en être sûre. Ce petit goût sucré qui chez moi annonce en général l'arrivée du printemps pourtant ne m'a plus quittée. J'ai vu défiler à plus de 300kms/h mes blessures et ressenti cette douleur de l'échec, cette difficulté à construire, ce manque familial que déjà j'ai reproduit, cette peur de l'abandon, ce besoin de rêver, cette difficulté à exister...
Je suis partie avec encore plus d'incertitudes sur notre lendemain mais ravie de savoir que celui que j'avais redécouvert était un homme vivant. J'ai compris que tout ne serait pas comme nous l'avions imaginé, qu'il faudrait peut être un peu de temps, mais j'ai juste remercié la vie pour cette jolie parenthèse, me laissant bercer par les sons de mon ipod, sereine, confiante que ce qui adviendrait par la suite sera quoi qu'il arrive le mieux pour nous.
00:22 Publié dans Grain de folie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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