31 mai 2009

:: On the way back ::

"Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, vous venez de prendre place à bord du TGV en direction de Paris Gare de Lyon. Ce train desservira les gares de Toulon, Marseille, Avignon..."

J'aimerais bien y aller moi jusqu'à ce terminus, enfin, accéder à mon rêve de toujours, aller y construire celle que je veux de plus en plus être, tout laisser en plan, mes efforts, mon acharnement, mes rêves déchus, mon quotidien. 

Il y a des week end comme ça où le soleil joue à cache cache et pas seulement avec les nuages. 

Cette sensation que de toutes façons qu'il soit paternel ou qu'elle soit maternelle ils ont en commun malgré le divorce qui les sépare depuis bientôt 15 ans d'avoir tous deux démissionné de leur rôle parental. 

L'un par ignorance, l'autre par négligence.

Pourtant à 30 ans on ne devrait plus en souffrir, on devrait en rire, le tourner en dérision, penser que ce que l'on construit chaque jour, même dans le doute, est tellement plus riche, tellement plus sain.

Pourtant à chaque fois, la brèche ouverte prise par surprise montre ses failles. Certes la blessure fait de moins en moins mal et surtout moins longtemps mais elle pince, elle tiraille encore un peu. A la différence de ces dernières années, je ne cherche plus à y entrer. Je laisse couler, je laisse l'émotion me passer sur le corps alors dénué de tout sens, consciente que de nous trois je suis celle qui me suis la plus mieux prise en charge. Qui ai accepté mes erreurs, en assumant mes responsabilités coûtent que coûtent. Je me surprends même à ne plus avoir honte de ce désir d'avoir préféré un jour être orpheline pour être élevée par des parents qui l'auraient vraiment choisi. Un oedipe total, quel bonheur! 

Parce que de ces années de mutisme, de déchirement, de totale inadéquation avec mon milieu, de confusion, de précipitation et forcément d'échec j'ai hérité de la vie. Cette vie qui me lie advitam eternam avec tout ce que je rêve de rompre et qui pourtant me pousse à me surpasser, à poser des actes, à faire des choix et du mieux possible.

Ma morale, ma mission de service filial et mon souci de bien faire m'empêchent encore un peu parfois de m'y soustraire. Mais plus pour longtemps, je le sais, ça ne s'explique pas ça se ressent.

Ce qu'il y a de bien c'est qu'en choisissant d'ouvrir son champ de conscience, aidé(e) par les années et les expériences, on comprend que ce qui compte c'est de choisir sa direction et qu'une fois qu'elle nous convient, que l'on s'y sent bien, peut importe alors d'où l'on vient, ne compte que là où l'on décide d'aller.

J'ai trop longtemps cru que mon histoire me collerait à la peau sans jamais réussir à en muer. Je me suis trop longtemps sentie coupable de l'absence d'harmonie dans la maison de mes rêves où j'aurais aimé grandir en paix, j'ai toujours pensé que j'étais fatalement une petite partie de chacun d'eux et que fatalement je ne m'échapperai jamais vraiment de leur destin.

Pourtant aujourd'hui j'y vois tellement plus clair. Je me discerne clairement d'eux. Je suis devenue moi. J'arrive à exister sans eux. Je suis triste qu'ils ne me voient pas eux, qu'ils restent dans leur brouillard, bloqués à leur tour dans leur déni et leur lâcheté.

Ce qui compte aujourd'hui c'est ma vie et moi.

"Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, nous arrivons en gare de Marseille Saint Charles. Avant de descendre du train, assurez vous de ne rien oublier à votre place..."

Cet arrêt sera mon terminus. Et j'y oublierai ma tristesse.

L'heure n'est pas encore pour moi au défi de la capitale et ne le sera peut-être jamais. Ce rêve n'est sans doute que l'envie de me réaliser avec tous les fantasmes qu'il génère. Tant pis, j' accèpte les règles du jeu de loi.

Peu importe la destination pourvu qu'il y ait du sens. 

D'ailleurs j'ai voyagé en contre.

17:49 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.lameilleureamie.com/trackback/2217989

Écrire un commentaire