27 janvier 2009

... Round-trip ticket ...

metro.jpg
paris, ses lampadaires, son ciel, son métro, ses amours
dimanche 25 janvier 2009 16h55

L'envie était trop forte, mais était-ce une bonne idée de vouloir savoir ou était-ce aussi accepter de mettre fin un peu à la magie de nos échanges? Ceux qui me connaissant savent de toute façon qu'en principe je n'écoute que moi. Je savais donc que je ne tiendrai pas bien longtemps dans l'imaginaire, je crois surtout que l'expérience m'a appris qu'il ne fallait pas s'y perdre trop longtemps, coûte que coûte.

J'ai donc franchi le cap, mis le nord sur la gare de lyon, franchi le seuil de sa porte, de son chez lui, celui qu'il tente de reconstruire. J'ai eu le sentiment d'abord d'envahir son espace, d'être venue trop tôt. Mais j'ai vite compris qu'il ne s'agissait que du décalage horaire de nos repères, repartir du début, première donne de ce petit jeu auquel nous nous sommes si candidement laissés prendre.

Je suis restée distante, froide, je ne savais pas quoi dire, me trouvant puérile à souhait ne sachant pas redevenir légère, juste bien, juste taquine, juste moi. Nos corps auraient sans doute préféré n'avoir point d'enveloppe, pouvoir être confrontés sans face à face, oui mais voilà, nous y voilà dans la réalité.

Le sort n'a pas joué en notre faveur, première mise à l'épreuve. J'aurais pu partir, ne pas poursuivre, le laisser dans sa tristesse, dans ses doutes, ses envies. Il m'a rassurée, je l'ai suivi. J'avais envie d'être là, rien ne comptait plus que de découvrir son univers. J'aurais aimé être juste plus en harmonie, en baskets, détendue, mais j'étais aussi simplement celle que je suis devenue. L'air frais nous a revigorés, les yeux bleus et ouverts à la vie en toute confiance de cet enfant l'a sans doute émerveillé, moi j'y ai vu toute la tristesse de n'avoir pas su être une maman parfaite. Sans le savoir il a dit ce qu'il fallait. Je poursuivais le trajet en faisant mine d'accrocher mon regard aux lumières extérieures de cette banlieue chic, alors que mes yeux captaient son moindre regard dans le reflet vitré en face de nous, à l'affût d'une complicité.

Je me suis retrouvée dans cette maison un peu comme transportée vers mon futur. J'ai ce vilain défaut de faire des situations trop souvent les miennes mais les ingrédients étaient au rendez vous autour de nous tout autant que dans nos assiettes. J'aime les nouvelles rencontres, celles où l'instant d'une soirée on peut s'apprécier ou se juger. Je me suis sentie bien, aussi bien qu'au creux de son épaule, regardant cette fois ci défiler les panneaux, le bêton, et les feux clignotants sur le chemin du retour, trop épuisée pour tenter d'en faire le parcours fléché.
J'avais apprécié qu'il se laisse un peu aller, qu'il vienne aussi chercher au creux de moi un échantillon de cette tendresse qu'on avait cru bon de se promettre. 

J'ai achevé mon sommeil sur le canapé du salon, qui baignait vers 9h déjà dans cette lumière grise caractéristique. Je ne voulais pas l'empêcher de dormir de tout son long dans son désormais lit une place. Et surtout, je me sentait gênée. L'envie de venir le retrouver n'avait rien d'interessé ni de charnel, je voulais juste un peu le respirer.
Le réveil a confirmé un peu de notre retenue.  
Le départ s'annonçait.
Je sentais bien qu'il voulait aussi que je le vois dans son autre univers. Celui qui visiblement l'a révélé à lui même confirmant un joli charisme. Dans deux changements je serai de retour.

Le trajet a été étrange. J'avais la sensation de quitter quelqu'un qui me manquerait de toute évidence mais que je n'aurais pas eu le temps d'approcher d'assez près pour en être sûre. Ce petit goût sucré qui chez moi annonce en général l'arrivée du printemps pourtant ne m'a plus quittée. J'ai vu défiler à plus de 300kms/h mes blessures et ressenti cette douleur de l'échec, cette difficulté à construire, ce manque familial que déjà j'ai reproduit, cette peur de l'abandon, ce besoin de rêver, cette difficulté à exister...

Je suis partie avec encore plus d'incertitudes sur notre lendemain mais ravie de savoir que celui que j'avais redécouvert était un homme vivant. J'ai compris que tout ne serait pas comme nous l'avions imaginé, qu'il faudrait peut être un peu de temps, mais j'ai juste remercié la vie pour cette jolie parenthèse, me laissant bercer par les sons de mon ipod, sereine, confiante que ce qui adviendrait par la suite sera quoi qu'il arrive le mieux pour nous.

 

00:22 Publié dans Grain de folie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris, urgence, besoin de savoir | | |  Facebook

Commentaires

C'est un vrai plaisir de te lire, on a l'impresion d'ouvrir les pages d'un roman, cela nous transporte dans un irréel pourtant bien concret! Tu es très douée, continue pour le plaisir de tes lecteurs! gros bisous

Écrit par : magali | 01 février 2009

@magali:thx a lot!!! les commentaires se faisant plutot rares ces derniers temps j'en avais le sentiment de devenir lassante...

Écrit par : la meilleure amie | 01 février 2009

Merci

Écrit par : Jerome | 01 février 2009

Écrire un commentaire